Samedi 5 avril 2008
Je dédie ce poème à toutes les femmes qui se reconnaîtront à travers ces modestes vers.

Elle est jeune et belle,
Dix-huit ans à peine !
Elle étudie toutes ces choses,
Qui font paupières closes .
Elle ne pense pas encore au temps,
Qu'il lui faudra pour faire l'Enfant !


Elle n'a que vingt-cinq ans,
Toujours jeune et jolie,
Elle chante, danse et rit,
Elle aime la Vie !
Elle pense qu'elle a bien le temps,
Pour penser à l'Enfant !

Elle a trente-deux ans,
Plus très jeune,
Plus très jolie,
Encore belle...
Elle pense qu'elle n'a plus guère de temps,
Pour penser à faire l'Enfant !

Elle a trente-cinq ans,
Elle se découvre belle et jolie,
Elle chante, danse et rit,
Elle a enfin pris le temps,
De faire SON Enfant !

Elle a soixante ans,
Presque vieille,
Ni belle ni jolie,
Elle chante, danse et Vit.
Elle pense qu'elle a beaucoup de temps,
Pour cultiver l'art d'être Grand-Maman !

                                                                                         Mozardinsecret.
Par Mozardinsecret - Publié dans : litterature - Communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve
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Jeudi 3 avril 2008
                           
Sur des rochers abrupts,
Petite bulle d'écume,
Le destin,
Soudain,
Te dépose.
Une voix dit :
"Inconnu" !
Qui est-ce ? Murmure la chimère,
Chuuut... susurre l'éphémère,
Il sera son Ami,
Mais il est trop petit.

Un grand éclair,
Un bruit de tempête,
Et puis,
Un cri !
Tu chantes la vie,
Merci !
Qui est-ce ? Tonne la bise ?
Chuuut... souffle la brise,
Il sera son Ami,
Mais il est trop petit.

On t'offre un nom,
On ajoute un prénom,
On t'aime,
Dans l'allégresse,
Tu baignes !
Qui est-ce ? S'inquiète la caresse,
Chuuut... Rassure la tendresse,
Il sera son Ami,
Mais il est trop petit.

On te donne un nom,
On choisit  ton prénom,
Sur ton sommeil,
On veille,
Telle une merveille
Qui est-ce ? Chantonne l'Amour,
Chuuut... Fredonne Toujours,
Il sera son Ami,
Mais il est trop petit.

La cour de récréation,
Deux petits garçons,
L'un châtain,
L'autre brun.
L'un malin,
L'autre mutin !
Qui sont-ils ? Sifflotent le bouvreuil,
Chuuut... Marmonne l'écureuil,
Ils sont Amis,
Ils ne sont plus si petits !

Les garçons galopent,
Leurs voix résonnent,
De fêtes en anniversaires,
Leurs rires s'égrènent,
Clochettes d'argent,
Dans l'air du temps !
Qui sont-ils ? Demande Colombine,
Chuuut... Répond Mélusine,
Ils sont Amis,
Ils ne sont plus si petits.

De photos en videos,
De récrés en randonnées,
De vacances en partance,
Les années
Sont passées.
Sans faire de bruit,
Les garçons ont grandi.
C'est la vie !
Qui sont-ils ? Bourgeonne mai,
Chuuut... Frissonne décembre,
Ils sont Amis,
Ils ne sont plus si petits.

Dans un jardin fleuri,
Très loin d'ici,
Un garçon rit.
Dans une chambre assombrie,
Tout près d'ici,
Un garçon se languit.
Qui sont-il ?  S'agite la treille,
Chuuut... Butine l'abeille,
L'un d'eux est parti,
Il était si petit...

Un garçon pleure,
Son amitié brisée,
Par la violence des grands,
Et leur égoïsme dément.
De son profond chagrin,
Nul ne sait rien !
Qui est-il ? Souffle le Coeur,
Chuuut... Impose la douleur,
Il avait un  Ami,
Qui, hélas, est parti,
Il était si petit...

Un garçon sourit,
Il est heureux enfin,
Au milieu des siens,
Tous réunis au paradis !
Mais, lorsque  revient la nuit,
Sur la lune assis,
Un petit Ange attend.
De son oeil de velours,
Parfois, glisse,
Une larme d'Amour.
Qui est-il ? Implore l'étoile,
Chuuut... Console le firmament,
Il avait un Ami,
Il veille sur Lui,
IL EST ENCORE SI PETIT !!
                                                                   poème dédié à PA - H.
                                                                      (28/09/1995)

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Samedi 29 mars 2008


                                   
Avez-vous remarqué  ?  Dans la vie , le bonheur ne dure jamais longtemps  !
Lorsque l'on croit le posséder "pour toujours", immanquablement, il en profite pour  s'enfuir !
                                     Nous nous retrouvons alors brisés, fracassés, le coeur en mille morceaux.  On ploie sous le poids du chagrin. Notre vie n'est plus que cendre. Nos souvenirs sont en lambeaux. Notre quotidien s'habille de gris et nos jours se conjuguent au passé. Mais, tout comme le roseau de la fable, nous ployons mais ne rompons point.
                                        Un jour pourtant...

                                         Un sourire d'enfant, un rayon de soleil, le sourire d'un inconnu, le chant d'un oiseau, tout cela nous dit que nous sommes toujours vivants.
                                          Nous recommençons à conjuguer nos jours au futur..... cela s'appelle tout simplement :

                                                         L  '  E S P O I R !!

                                                                                                                 MOZARDINSECRET

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Samedi 29 mars 2008


                                Voilà, cette petite histoire est maintenant achevée. Vous connaissez tous et toutes l'auteur de ces meurtres... J'espère que vous n'aviez pas trouvé, c'est  l'unique preuve que l' histoire était bonne.
                                  Merci d'avoir pris sur votre temps pour venir me lire et mille mercis  pour m'avoir encouragée à écrire.
                                    Un merci tout particulier à Epicur006, lecteur et correcteur  sans qui cette fiction n'aurait pas été si bien... ponctuée !
                                     A bientôt pour une nouvelle histoire....
Par Mozardinsecret - Publié dans : écriture d'un petit roman - Communauté : SOIF DE LIRE...
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Mardi 18 mars 2008
Epilogue
 
 

Après les aveux spontanés, mais houleux d’Adeline, Stephen était rentré au bureau directement, en compagnie de son équipe. Il avait ouvert une enveloppe « Evidence » au nom chaque victime, dans laquelle il avait glissé les citations latines et les cassettes audio correspondantes. Il avait fait apposé les scellés du service sur chaque pli et envoyé le tout au service juridique compétents.

Ensuite, il s’était rendu chez le procureur en compagnie de l’avocat choisi par Adeline pour assurer sa défense. Ce dernier voulait négocier un accord, les circonstances atténuantes contre les aveux spontanés, ce qui éviterait la peine de mort à sa cliente même si, à New York elle existait toujours, mais n’était plus appliquée.

Stephen avait refusé au motif qu’Adeline ayant prémédité tous ses meurtres, les avaient exécutés de sang froid. Aucun accord ne pouvait être signé, pas plus que des circonstances atténuantes illusoires. En désespoir de cause, l’avocat plaida la prison à vie, ce qui lui fut accordé et cela sans remise de peine. Stephen salua le procureur, l’avocat et retourna dans son bureau. Il signa le procès-verbal du contre interrogatoire d’Adeline, dans lequel elle réitérait ses aveux complets, et envoya le document chez le juge. Il réunit ensuite ses collaborateurs qu’il félicita chaleureusement pour les excellents résultats obtenus et rentra chez lui à pied. Qu’importait à Stephen qu’il fasse -8°, que le vent souffle en violentes rafales, que les flocons tourbillonnent, empêchant toute visibilité… oui ! Qu’importait la météo cette nuit ! Tout en marchant, Stephen revoyait cette fille. Il ne lui avait accordé que son amitié, rien d’autre ! Il ne se souvenait pas l’avoir encouragé dans quelques sentiments plus tendres ! Comment une gamine de 12 ans avait-elle pu se croire amoureuse de lui, et pire encore, penser que ce put être réciproque ?

Stephen se sentait mal, à la fois coupable et responsable de la folie d’Adeline. Cette enquête avait fait ressurgir des sentiments enfouis au plus profond de lui.

Il pensait à Ashley avec tendresse. Depuis quelque temps ses pensées dérivaient trop souvent vers elle. Qu’étaient-elle devenue ?

Perdu dans ses pensées, il ne vit pas Doug qui arrivait à sa rencontre et lui « rentra dedans » !

Zut, pardon, Doug ! Je ne t’avais pas vu ! Que fais-tu là, au beau milieu de la nuit sous la neige ?

- J’ai pensé que mon ami pourrait avoir besoin de compagnie. Me serais-je trompé ?

- Non, Doug, merci d’être là ! Dis-moi ?.. Ai-je quelque responsabilité dans ce qui est arrivé  à Adeline ?

- Ce n’est que ça qui te tracasse, Stephen ? Non, rassure-toi ! Adeline a focalisé sur toi tout ce qu’elle n’avait pas chez elle. Ses parents ne devaient pas lui accorder tout l’amour dont elle aurait eu besoin. Leur attention était très certainement fixée sur l’argent qu’il fallait gagner, la maison que l’on se devait d’avoir, la position sociale, le paraître ! Bref, ils avaient cru que l’argent remplacerait la tendresse. Le confort matériel, pour eux, était gage de bonheur. Leur fille avait tout ce qu’elle pouvait désirer. TOUT, sauf L’AMOUR de ses parents. Elle a fait un transfert de sentiment sur toi, Stephen, parce que tu étais probablement le seul garçon qu’elle avait le droit de fréquenter.

Tu étais SON idole. Elle n’existait qu’à travers TOI. Tu étais le centre de SON monde. Evidemment, elle a très vite deviné les tendres sentiments que tu éprouvais pour Ashley, même si toi, tu n’en étais pas conscient. Elle a considéré cela comme une trahison. Sa jalousie a fait le reste. Cela lui a pris des années avant qu’elle ne se décidât à passer à l’acte, à se venger de toi ! Le facteur déclenchant a été de ne pas la reconnaître, lorsqu’à plusieurs reprises, elle dit t’avoir croisé en ville, ce que je crois volontiers. Suprême affront !

L’abandon de sa fille, quoiqu’elle en dise, l’a atteinte au plus profond d’elle-même. La blessure est restée enfouie dans sa mémoire. Aussi, lorsqu’elle a reçu une lettre de cette dernière lui annonçant que d’une part, elle savait qu’elle était sa mère biologique, et que d’autre part, elle allait se marier, le choc émotionnel a été trop fort pour elle. En tuant sa fille, Adeline tuait aussi sa faute, en quelque sorte. Elle s’absolvait de tout péché.

Voilà, mon Vieux, il n’y a pas de quoi «  fouetter un chat » ! Tu ne peux pas porter tous les péchés du monde, tu sais !

Des larmes plein les yeux, Stephen remercia chaleureusement Doug.

- Au fait, ajouta ce dernier d’un air malicieux, je ne sais pas si je te l’ai dit mais tu as rendez-vous dans une heure à l’aéroport JF-K, terminal E. Je t’y emmène, mais je te laisse le plaisir de la découverte. Le Queens n’étant qu’à quelques kilomètres de chez lui, ils arrivèrent largement en avance.

Un vol fut annoncé que Stephen n’identifia pas.

Les passagers qui débarquaient, hagards et fatigués, cherchaient des yeux qui leurs parents, qui leurs amis venus les chercher, lorsque soudain…IL LA VIT ! Malgré les années passées, elle était beaucoup plus jolie que dans son souvenir !

Grande, mince, avec toujours ses adorables boucles blondes ! Elle l’aperçut, s’arrêta comme si elle voulait être certaine que c’était bien lui ! Ainsi, il était venu.. ! Comme il était beau ! Il n’avait pas changé ! En la serrant dans ses bras, Stephen eut l’impression d’être arrivé à bon port après avoir fait naufrage. Toute sa tendresse refoulée refaisait surface… Dieu ! Qu’il était bon de la retrouver !

Arrivé à sa voiture, il trouva un mot qui disait : « J’espère que ma surprise te plaît mais dans le cas contraire, je suis preneur. Doug ».

Stephen avait tellement rêvé de ce moment-là, qu’à peine arrivé chez lui, il mit dans son lecteur le cd de Léonard Cohen, pris Ashley dans ses bras, et lorsque la voix magique s’éleva dans la pièce pour leur dire, « Suzanne take you down, to her place near the river.. You can hear the boats go by… », ils étaient déjà bien loin, sur les rivages bénis de leur amour naissant.

On ne guérit jamais de ses blessures d’enfance…

 

                                                                                                                FIN.   

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Mardi 18 mars 2008

16ème épisode

 
      Stephen tenta une autre approche.

- Tout de même, tu es très douée dans ton genre, lui dit-il en essayant de donner à sa voix un ton admiratif qu’il était loin de ressentir !

- Je trouve aussi, lui répondit-elle. Puis, sans transition, sans prévenir, elle continua sur un ton méprisant.

- J’ai tué la danseuse, oui. Ce fut facile. Je ne la connaissais pas. Je l’avais repérée quelques jours auparavant. J’étais allée assister à la répétition du ballet « Casse Noisette ». M’en retournant, je l’ai aperçue qui s’exerçait, seule à la barre. Elle était si concentrée sur ses exercices qu’elle ne m’a pas entendue arriver. J’ai tiré sur son lacet de chausson, et je l’ai étranglée avec. Ensuite, j’ai glissé la citation dans sa ceinture. Pour finir, j’ai disposé son corps dans une position parfaite pour une danseuse telle qu’Euterpe, muse de la danse, l’aurait souhaité. Dans la citation d’Aristote «  En toutes choses, c’est la fin qui est essentielle », je voulais me venger de n’avoir jamais pu danser, moi qui le désirais tant. Malformation congénitale, qu’ils avaient dit, ces cons de toubibs ! Là, pas besoin de l’autre conne, la Psyché !

Exit mademoiselle la danseuse. Bien fait pour elle !

- Passons au gymnaste maintenant, déclara- t-elle ensuite d’un ton dédaigneux presque hautain.

Pour lui, ce fut encore plus facile que pour la danseuse. En tant que professeur, j avais entendu parler de lui comme tout le monde à Columbia. Un soir, en rentrant chez moi, je suis passée par le gymnase. Je n’en revenais pas. Il était là, tout seul, se bagarrant avec ses anneaux à la recherche du mouvement d’immobilisation parfait.

Elle éclata d’un rire dément. Je l’ai immobilisé pour toujours... Je me suis cachée derrière l’agrès que les gymnastes utilisent pour le saut de cheval. Il ne pouvait pas me voir, alors que j’étais tout près de lui. Je lui ai tiré une balle en plein cœur après avoir pris soin de munir mon pistolet d’un silencieux. La vie militaire m’avait au moins appris cela. Attacher ses poignets aux anneaux fut un jeu d’enfant. La citation allait de soi. J’avais fait confectionner par mes élèves des petits temples à la gloire d’Hermès. J’en ai subtilisé un que j’ai posé juste en dessous du corps de Killian. Il symbolisait mon départ de la France vers les USA, pour te rejoindre, Stephen. Hermès, le dieu des voyageurs vénéré par les athlètes, avoue que ça avait de la gueule, non ? Je tenais ma revanche… Je t’avais battu sur ton propre terrain !

Et hop ! ajouta t-elle, le gymnaste fut envoyé Ad patres. Pour lui, pas besoin de l’aide de mademoiselle mauviette. J’étais capable de me débrouiller seule. La citation par contre, « On écrit l’histoire pour raconter, non pour prouver » devait juste te faire penser qu’il y aurait d’autres meurtres.

Et puis, rédigée en latin, quelle classe !... Ne trouve-tu pas Stephen ?

Il ne trouva rien à répondre. C’était tellement horrible ! S’il admettait les motivations des deux premiers crimes, il lui manquait cependant le chaînon reliant Dorothy, Killian et les autres. Elle avait changé de modus operandi... Pourquoi ? Il allait le savoir.

Elle se tut quelques instants. Stephen en profita pour se lever et détendre un peu. D’un geste prompt, elle saisit son poignet et lui enjoignit de se rasseoir, ce qu’il fit sans hésiter. Elle possédait une force extraordinaire pour une si frêle personne.

Avec un sourire de délectation, elle poursuivit son récit d’une voix presque douce.

- J’ai occis la pédiatre, et là, j’ai eu besoin de l’histoire de Psyché pour mettre mon œuvre en scène. Rappelle-toi, Stephen, elle doit aller chercher un échantillon de laine sur des moutons broutants au bord de l’eau, réputés dangereux. Un roseau aide cette saleté à obtenir la laine chère à Aphrodite.

Je savais que cette femme attendait un enfant, que son mari était noir, parce que j’étais allée accompagner un élève dans son service pour y passer une radio. Sur la porte du cabinet d’examen, une carte disait : «  Le docteur Morgan et son épouse sont heureux de vous annoncer la prochaine venue dans leur foyer de leur premier enfant. Dieu le protège ! » Je me suis souvenue de ma première grossesse et de l’avortement qui a suivi. J’ai guetté ses allées et venues et j’ai découvert qu’elle courait deux fois par semaine le long de l’Hudson River.

Je l’ai attendue patiemment un soir, tapie derrière la végétation. Lorsqu’elle est arrivée à ma hauteur, je l’ai violemment frappée à la base du crâne. Je crois bien que je lui ai brisé la nuque. Ensuite, j’ai attaché une corde autour de la taille du toubib, j’ai enfoncé un piquet sur la berge et balancé le corps à la flotte. Il ne fallait pas que le courant l’emporte. Qu’est-ce que c’était beau, Stephen ce corps qui flottait au milieu des roseaux ! Eux, au moins, ils ne le ramèneraient pas à la vie. La petite pelote de laine devait te faire penser à Psyché mais tu n’as aucune culture, mon pauvre, ironisa t-elle !

En latin, je t’ai dit que c’était moi qui avais accompli ce chef d’œuvre. Evidemment, tu n’as rien compris, comme d’habitude ! Cette femme ne devait pas mettre son bâtard au monde ! Et puis quoi encore ! Elle n’avait qu’à faire comme elle…, AVORTER !

Je savais aussi que tu adorais Léonard Cohen alors, pour te punir d’être aussi ignare, j’ai laissé une cassette à ton intention. Je savais que tu serais blessé, que tu penserais à l’Autre. Savoir que tu souffrirais me faisait plaisir.

J’étais maîtresse de la situation. Je me sentais puissante et invulnérable.

Exit la pédiatre.

Un sentiment de découragement envahissait peu à peu Stephen. Que pouvait faire des gens comme lui contre des fous comme elle, sinon, en les mettant or d’état de nuire, dans une prison, un asile où ils passeraient le reste de leur existence ?

Il n’osait pas poser la question suivante… pourtant il le fit.

- Pourquoi t’en être prise à un interne en médecine ?

Un rictus de colère déforma son visage. Elle devint hideuse. Elle aboya la réponse plus qu’elle ne l’articula.

- Tout simplement parce que cet imbécile risquait d’entendre parler de moi, un jour où l’autre. Je t’expliquerai cela plus tard.

J’étais vexée que les médias te traitent d’incapable. J’ai décidé de t’aider un peu. Pour celui-là aussi, j’ai eu recours à Psyché. Il me fallait un décor parfait. J’ai choisi ce petit coin de Central Park, peu fréquenté parce qu’il était très romantique. Je me suis dissimulée derrière les arbres en attendant qu’Ethan arrive. C’était son parcours de jogging. J’avais quelques griefs contre lui, ou du moins, je risquais d’avoir de très sérieux ennuis à cause de lui. Lorsqu’il est passé à ma hauteur, je l’ai frappé à l’aide d’une grosse branche trouvée sur les lieux, encore et encore, jusqu’à ce que ce con ne respire plus. Je l’ai déshabillé et j’ai enduit son corps de miel que j’ai recouvert de graines de toutes sortes. C’est là que l’autre petite chose intervient. Psyché, sur ordre d’Aphrodite, doit trier des centaines de graines de mille espèces. Elle se désespère car la tâche est ardue, mais de gentilles fourmis viennent à son secours, et l’aident à triompher de cette nouvelle épreuve. Pauvre créature, incapable de réussir quelque chose sans l’aide de quelqu’un ! Le corps d’Ethan, à l’abri sous le tremble, j’ai pensé qu’avec un peu de chance, les bestioles envahiraient les plaies. Les images que j’en ai vues à la télé m’ont prouvé que, là encore, j’avais été la meilleure. Quel succès !

- Pourquoi n’a-t-on pas trouvé de portable sur lui ?

- Parce que tu serais remonté trop vite jusqu’à moi. Je voulais que tu me retrouves mais pas de cette manière-là ! Je t’ai laissé un passage du Petit Prince en imaginant que tu penserais à la fameuse pièce de théâtre, Stephen, mais je dois avouer que tu m’as déçue en ne faisant pas le rapprochement avec moi. L’Agnus Dei devait te faire penser à notre chorale de caté, mais, là encore, raté ! Pauvre con, va ! Mon génie ne te mérite vraiment pas !

Elle allait réclamer une médaille si cela continuait.

- Dis-moi… Pourquoi l’église ?

S’il avait pu prévoir la suite, il se serait dispensé de la question !

La réponse vint, mordante.

J’ai tué Kelly avec délectation, Stephen ! J’ai imaginé pour elle un cadre digne des femmes les plus belles, une mise en scène qui attire l’œil. Là encore, j’ai eu recours à Psyché, qui, devant aller chercher une crème de beauté chez Perséphone, traverse le Styx, triomphe de ses épreuves, grâce à la tour - encore une qui l’aide, cette incapable – et revient saine et sauve du royaume des morts. La curiosité lui fait ouvrir la boîte supposée contenir la crème. Il n’y a rien qu’un sommeil magique dedans. Eros la délivre en enfermant ce dernier dans l’écrin.

Pour l’endormir, ça, je l’ai endormie pour le compte, Stephen, reprit-elle ! J’ai utilisé la baignoire comme fleuve, des cendres délayées dans de l’eau pour symboliser les eaux noires, le chloroforme pour le sommeil. Je l’ai ensuite égorgée pour que son sang se mélange à l’eau et la purifie. J’ai allongé le corps dedans, ajouté la mixture, recouvert la partie visible avec de la boue de kiné pour la rendre belle comme la crème de l’autre…euh… Ah oui !.. Perséphone !

J’avais acheté des roses blanches que j’ai disposées tout autour d’elle pour souligner le côté virginal de la mise en scène, et placé deux cierges de chaque côté de son visage pour que ce soit plus intime !

- Pourquoi t’être donné tant de mal pour ce meurtre- là ?

Il crut sa dernière heure arrivée. Plus vive que l’éclair, elle s’était levée et s’était placée bien en face de lui.

 Elle ne parlait plus, elle éructait.

- Pauvre flic stupide, cracha t-elle ! Tu n’as décidément rien compris alors, écoute moi bien. Tout ce que j’ai fait l’a été uniquement pour toi. Pour que tu me remarques enfin, pour que je sois totalement libre de t’aimer sans secret enfoui.

- Pour ta gouverne, flic de merde, sache que Kelly était ma fille. Je ne voulais pas de ce vulgaire tas de chair, braillard et puant. Dès sa naissance, je l’ai faite adopter. Je ne voulais pas qu’elle me gâche la vie. J’avais oublié jusqu’à son existence lorsqu’il y a quelques jours, j’ai reçu une lettre d’elle me demandant si je voulais la rencontrer. Je suis allée au rendez-vous comme si de rien n’était. Elle voulait juste me dire qu’elle savait que j’étais sa mère biologique et qu’elle allait se marier avec… Ethan ! Voilà pourquoi, sale flic, tu n’as pas retrouvé de portable sur lui.

J’ai tué ce dernier avant elle. Je voulais garder le meilleur pour la fin, et je te l’ai dit, en latin, d’accord, mais, je te l’ai dit !

« La fin couronne l’œuvre »

Avoue que comme dénouement, je ne pouvais rêver mieux ! Tuer kelly fut pour moi l’apothéose ! J’étais délivrée de ce secret. J’allais enfin pouvoir t’aimer en toute tranquillité !

Stephen n’en crut pas ses yeux ! Elle prit encore le temps de boire son café, puis, dans un dernier éclat de rire sardonique, celui d’une démente, elle lui tendit ses poignets ! Alors, il prononça la phrase rituelle, en usage ici :

 

« Madame Adeline Lawson-Larivière, je vous arrête pour les meurtres de Dorothy Mc Grégor, Killian Davis, Délia Morgan, Ethan Forrest et Kelly Lawson. Tout ce que vous direz à partir de maintenant pourra et sera utilisé contre vous par n’importe quelle cour de justice de cet état. Si vous n’avez pas les moyens de vous payer un avocat, l’état vous en commettra un d’office »

Encadrée par deux inspecteurs, elle disparut de son champ de vision. Il était resté maître de ses émotions pendant tout le temps des aveux d’Adeline. Le chagrin viendrait plus tard !

 
 
 
 
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Mardi 18 mars 2008

15ème épisode (suite)

 
    Elle reprit la parole.

- Souviens-toi, tu t’appelais Stéphane à l’époque, tu étais déjà un beau garçon. Je suis tombée amoureuse de toi dès que tu es arrivé dans ma classe de CM2. Nous sommes passés en 6ème ensemble et je ne voyais que Toi, malheureusement, il a fallu que tu donnes ton cœur à l’autre, cette malapprise, cette moins que rien… Toujours à traîner avec Elle, à la consoler ! Te souviens-tu de la pièce de théâtre que nous devions jouer pour fêter la fin de notre première année de collège ? C’était « Le petit prince ». Je désirais jouer le rôle du Renard mais non ! C’est cette maudite gamine qui l’a obtenu. Soi-disant que je n’étais pas assez sensible ! Celui de la Rose, égoïste, m’est revenu… Tu parles d’une gloire !

      Lorsqu’elle a quitté l’école, le quartier, la ville, j’en ai été ravie. Bon débarras ! me suis-je dit, je vais l’avoir pour moi toute seule. Hélas, j’ai vite compris que ton cœur ne battrait jamais que pour Elle, même si, à l’époque, tu n’en étais pas conscient.

- Alors, risqua Stephen, c’est pour ça que tu as fait tout ça ?

Elle devenait trop nerveuse, cela n’allait pas du tout, il fallait qu’il change de tactique !

- Fous-moi la paix, cria t-elle, tu ne m’as jamais regardé, pourtant j’étais jolie, mes parents avaient de l’argent, pas comme l’Autre qui venait au collège en haillons, sale comme un peigne… Ha, ha ! Elle était belle ta Princesse aux pieds nus ! Une vraie souillon, oui !

Son débit de parole s’accélérait, ses yeux roulaient dans tous les sens… Elle continua, très excitée.

- Te souviens-tu de nos championnats universitaires de notre année de licence ? Tu m’as humiliée devant tout le monde en me battant très largement dans les épreuves de gym, où, pourtant je dominais.

-Mon dieu, pourquoi en es-tu arrivée là ?

- La ferme, Stéphane !

Cette fois-ci, le ton n’admettait aucune réplique. Il la laissa continuer.

- Il fallait que tu me remarques, Stéphane, que tu t’aperçoives de mon amour pour toi, que tu réalises combien je suis brillante, intelligente et cultivée, que tous les deux nous aurions pu former un couple superbe. Je sais que tu n’as pas de femme dans ta vie, hormis la psy avec qui tu t’envoies en l’air de temps en temps. Heureusement d’ailleurs, sinon, on aurait pu te croire homo !

- Qu’est-ce qui te fait croire qu’entre nous deux, cela aurait pu marcher ? lui demanda t-il presque tendrement .

- Ferme ta grande gueule, Stephen, puisque c’est ainsi que l’on t’appelle maintenant. Je vais te raconter une belle histoire. Celle de Psyché.

      Au moment même où elle prononçait ce nom, Stephen comprit tout. C’était donc elle, le support qui lui manquait, celui qu’il avait tant cherché.

Elle criait presque maintenant, se levait, revenait s’asseoir puis, sans transition, comme cela arrive souvent chez les psychopathes, redevenait parfaitement calme et sûre d’elle-même.

- Pauvre con, lui lança t-elle sur le ton de la dérision, Psyché coucha avec un homme sans pouvoir le voir ni savoir qui il était. Au matin, lui se brûla avec de l’huile bouillante, elle se piqua le doigt sur une des flèches d’Eros puisqu’il s’agissait de lui. Ces deux blessures simultanées les rendirent fous amoureux l’un de l’autre. Aphrodite, jalouse de Psyché, l’enleva, l’enferma dans son palais où elle lui fit subir les pires épreuves, mais toujours la mauviette trouvait quelqu’un pour la tirer d’embarras, tant et si bien que les dieux eurent pitié d’elle et que permission fut accordée à Eros de l’épouser. Ils eurent un fils qu’ils nommèrent Volupté, ça t’épate, hein ? ricana- t-elle, méprisante.

-Mais alors, risqua Stephen…

- Silence, sale flic, lui intima- t-elle ! Tu ne connais rien à la puissance du sentiment amoureux. Comme je t’aimais ! Après avoir obtenu mon diplôme d’enseignante en lettres, j’ai fait la connaissance d’un militaire noir américain, en poste au camp d’Auvour, occupation oblige, qui m’a fait un môme dont je ne voulais pas, puis qui s’est tiré aux USA, sans moi ! Je me suis arrangée pour avorter de ce bâtard, et, des années plus tard, lorsque j’ai appris ton divorce et ton départ pour Quantico, j’y ai vu un signe du destin. J’ai demandé et obtenu un poste de professeur de littérature française, comme on dit ici, dans la prestigieuse université de Columbia. J’étais tout près de toi, Stephen.

- Tu ne t’es jamais mariée ?

Là, elle s’agita de nouveau. Sa main triturait son collier, un tic agitait le coin supérieur gauche de sa lèvre, la faisant ressembler à un poisson pris à un hameçon. Stephen venait de poser la question de trop. Tout cela allait mal finir. Doug le regardait, anxieux. Ses collègues avaient tous posé leurs mains à plat sur la table, signe qu’il fallait apaiser la dame.

- Oh que si, que je me suis mariée ! Avec un autre GI encore… Le prestige de l’uniforme, sans doute !

- J’ai même eu un enfant de lui, dont je ne voulais AB SO LU MENT PAS ! Elle avait carrément hurlé sa phrase, faisant sursauter tout le monde.

- Qu’est devenu ton mari ?

- Elle fut prise de fou rire. Parti, envolé, hoquetait-elle. Un jour, il est sorti pour aller soi-disant voir un match de basket… Jamais revenu dans sa cage, le bel oiseau ! Elle riait à gorge déployée, il fallait la remettre sur les bons rails. Fort à propos, le patron vint leur apporter deux grosses parts de tarte aux pommes accompagnées de café à volonté, ce qui eut pour effet de la calmer instantanément. Stephen était conscient que la situation pouvait lui échapper à tout moment. Il devait s’armer de patience, elle n’avait rien avoué ! Il connaissait maintenant le support, restait à découvrir la trame…

Par Mozardinsecret - Publié dans : écriture d'un petit roman - Communauté : SOIF DE LIRE...
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Mardi 18 mars 2008
15ème épisode
 

Doug s’inquiétait beaucoup pour Stephen. Il vouait une véritable amitié à l’homme, respectait le flic et admirait les qualités de cœur du chef. Souvent, il craignait que le petit « frenchie » n’ait le mal du pays et ne reparte vers la France. Il aurait été profondément peiné si cela s’était produit, mais pour le moment, tout allait pour le mieux. Il se souvenait de son arrivée dans le service, Stephen avec sa rigueur, et lui, sa fantaisie. Les contraires produisent parfois d’excellents tandems, ils en étaient la preuve.

Le plan imaginé par Stephen comportait de gros risques, pour sa vie d’abord, et celle de l’assassin ensuite. Qui pouvait dire comment ce dernier allait réagir ? Il pouvait rester calme, voire serein, presque soulagé, mais il pouvait aussi se mettre à tirer sur tout ce qui bougeait. Son suicide était également envisageable.

Doug avait mis Stephen en garde, cependant, il devait admettre, vu l’identité de la coupable, que ce dernier veuille bien lui offrir une arrestation digne, ne serait-ce qu’en souvenir de leur enfance ! L’humiliation était inutile.

Doug, de son côté n’était pas resté inactif. Il avait passé quelques coups de fil, obtenu les réponses qu’il attendait, et tant pis si le »frenchie » se fâchait… Il aurait au moins quelqu’un sur qui se défouler.

De son côté, Stephen avait dû batailler ferme pour obtenir les autorisations nécessaires à la réalisation de son plan. Une couverture policière discrète, ainsi qu’un système de vidéo surveillance performant lui avait été accordés. Il ne fallait surtout pas donner l’éveil.

      Le jour « J » arriva enfin, libérant Stephen de l’interminable attente. Il partit à pied sur Broadway Avenue. Il faisait -8°, la neige s’était remise à tomber,  et c’est transi de froid qu’il arriva, très en avance, au point de rendez-vous. Il avait choisi le restaurant « Chez Napoléon » dans la 50ème, tout près de Rokefeller center. L’endroit, très pittoresque, était accueillant. La salle étant toute petite, Stephen avait réservé le restaurant entier pour l’après-midi. Pour faire plus vrai, il avait engagé les membres de son équipe pour jouer le rôle de clients, seul le suspect avait reçu une invitation. Le patron, un ami, avait été mis au courant, il avait  accepté d’apposer sur sa porte la traditionnelle pancarte « Private ».

      Stephen fit un dernier essai de caméra afin de s’assurer que tout fonctionnait bien, et reçut le feu vert des inspecteurs qui planquaient, cachés, dans une camionnette banalisée.

Il n’y avait plus qu’à attendre.
- Alea  jacta est -

 Il la vit arriver de loin. Elle marchait à petits pas pressés en boitant légèrement. Vêtue avec soin, elle portait un pull à col roulé rouge sur un pantalon noir qui  lui donnait un air distingué. Un long manteau camel complétait harmonieusement sa tenue. Un petit collier assorti à ses boucles d’oreilles ajoutait une note délicate à l’ensemble. Un maquillage léger, un rouge à lèvres discret rehaussaient l’ovale du visage. Il se dégageait de sa personne une impression de « double JE ». Elle poussa la porte, entra, se dirigea vers la table qui lui avait été réservée, escortée du serveur, posa son sac sur la table et, se tournant vers Stephen, le salua sans émotion apparente. Son regard, par contre n’avait rien de doux. Mobile, acéré et froid, on la sentait à l’affût du moindre détail. Elle commanda un cocktail, puis se concentra sur le choix de son menu. Chapeau !  se disait Stephen, elle est fortiche, la nana !

      Il était impatient de la voir engager la conversation, ce qu’elle fit sans se faire prier. Discrètement, Stephen fit démarrer l’enregistrement vidéo, ce qui pouvait toujours servir le cas échéant. Il adressa un signe de connivence à Doug qui voulait dire « j’ai peur d’elle, l’ami, merci d’être là ». Un autre signe lui fit comprendre que le message avait bien été reçu.

Stephen jouait un jeu dangereux il en était conscient, mais c’était le seul moyen qu’il avait trouvé pour obtenir des aveux spontanés.

- Alors, Stephen, te voilà, enfin !

Le ton était narquois.

- Je t’ai suivi à la trace pendant toutes ces années sans que tu t’en aperçoives…

- Ah bon ! Comment ça ?

- Tais-toi, ordonna t-elle d’un ton glacial, je sais tout de toi… Où tu vis, ce que tu fais, tes réussites, tes échecs, qui tu fréquentes, avec qui tu couches. Je connais la musique que tu aimes, les pièces de théâtre que tu vois, les livres que tu lis, le lieu de tes vacances. Tes habitudes de vie n’ont plus de secret pour moi depuis longtemps.

- Ainsi, l’interrompit Stephen, tu m’as épié, espionné, mais, dans quel but ?

Elle haussa imperceptiblement le ton. Ses mains s’agitaient nerveusement. Elle jouait avec sa serviette. Il fallait la calmer, la laisser parler sans l’interrompre, son psychisme très fragile ne le supporterait pas. C’était, dans son pauvre cerveau malade, ce qu’elle considérait un peu comme « son heure de gloire » si l’on pouvait le dire ainsi et, prendre le risque de l’interrompre s’était s’exposer à la voir s’enfermer dans sa folie.

Le risque était trop grand, Stephen ne pouvait se le permettre.

Par Mozardinsecret - Publié dans : écriture d'un petit roman - Communauté : SOIF DE LIRE...
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Dimanche 16 mars 2008

14ème épisode

 

Stephen était fourbu. Il avait assisté à tous les interrogatoires des personnes susceptibles de leur fournir quelques renseignements utiles. Malheureusement, le Père Williams, son clergé et toutes les chrétiens présents avaient été unanimes : la jeune femme ne faisait pas partie de leur communauté. Elle avait dû entrer au hasard pour se recueillir et prier. Autre hypothèse : elle était venu se mettre au chaud quelques instants. Cela confortait Stephen dans son idée première. Le tueur choisissait ses victimes en fonction de son plan. Tantôt il avait besoin d’un homme, tantôt d’une femme, blanche ou noire… Ce n’était pas du côté de la victime elle-même qu’il fallait chercher. Il fallait arriver à transposer les scènes de crime à la vie d’une personne ! Oui ! mais qui ?

Stephen ne rentra pas chez lui. Il se fit reconduire à la criminelle, ne prenant même pas la peine de passer par le service médico-légal, il n’aurait rien appris de nouveau. Par contre, le département des empreintes l’intéressait au plus haut point. Il demanda directement le dossier de la jeune femme, et un jeune inspecteur se fit un plaisir de le lui apporter. Nanti du précieux document, il retourna dans son bureau pour le lire plus tranquillement.

La jeune femme s’appelait Kelly Lawson. Elle était âgée de 30 ans, habitait Madison Square Garden à Chelsea. Elle dirigeait la bibliothèque universitaire de Columbia. Célibataire, on ne lui connaissait pas de liaison. Encore une personne sans histoire…

Poursuivant sa lecture, Stephen apprit que les empreintes de pas relevées dans l’église appartenaient à un individu de sexe féminin chaussant du 37 ou du 38. La position des pieds indiquait que la personne devait peser environ 55 kgs, et qu’elle était affligée d’une légère claudication. Les semelles, d’excellente facture, correspondaient à des chaussures de sport, type training conçues pour la randonnée.

Le coup mortel avait été porté par un droitier à l’aide d’un instrument ressemblant à un scalpel ou à un poignard à lame effilée. D’autre part, le rapport du psychologue de l’équipe scientifique précisait que l’auteur de ces cinq meurtres devait être, selon lui, très intelligent, instruit, froid et calculateur. C’était quelqu’un de bien intégré au sein de sa communauté, exerçant un métier de contact avec une position sociale élevée. Il précisait aussi que le meurtrier pouvait fort bien être d’origine étrangère, l’emploi des citations latines et littéraires suggérant une personne de type plutôt européen.

Enfin ! Stephen possédait des indices fiables. Il se rendit ensuite dans le bureau de Dylan. Ce dernier terminait l’affichage du portrait individuel de chaque élève de la classe de 6ème de son chef pendant que Jamie punaisait à côté de chaque enfant l’état civil qui lui correspondait.

Il eut pitié de ses deux collaborateurs, et tout en les remerciant pour l’excellence de leur boulot, les renvoya chez eux.

Stephen commença à regarder tous les portraits, toutes les fiches, les unes après les autres. Pas un point ni une virgule n’échappa à son examen. Une photo attira son attention. Il relut tous les renseignements collectés par Jamie et vérifia une seconde fois. Ce n’était pas possible !! Il devait se tromper !

Il écrivit une note à l’attention des membres de son service disant qu’en raison d’une nuit passée au service de l’enquête, il serait absent le lendemain. Il rentra chez lui le plus vite possible étant donné les circonstances, se fit un café très serré, alla chercher tous les bouquins qu’il possédait sur la mythologie, alluma son pc, et commença ses recherches.

Aux alentours de midi, il savait à peu près tout ce qu’il voulait savoir, mais n’avait toujours pas trouvé le personnage mythologique correspondant à son assassin. Ce n’était pas très grave puisqu’il savait qui il était. Il fallait juste qu’il vérifie encore plusieurs choses très importantes. Il appela Doug qui devait encore être devant sa table d’autopsie et le pria de passer chez lui dès que possible.

Une heure après, son ami sonnait à la porte, transi de froid, fourbu, mais encore d’attaque.

Qu’y a-t-il pour ton service, beau gosse ?

Doug, je sais qui est le coupable ou plutôt LA coupable. J’ai besoin de vérifier certains faits la concernant. Pourrais tu m’aider, s’il te plaît ?

Les deux hommes travaillèrent sans relâche jusqu’au milieu de l’après-midi. Stephen offrit le dîner à Doug qui préféra rester dormir chez son ami. Il ne voulait pas le laisser tout seul. Stephen allait avoir besoin de toutes ses forces pour mener à bien l’exécution du plan qu’ils avaient élaboré tous deux pour tenter de confondre l’assassin sans lui mettre la puce à l’oreille. Le meurtrier avait laissé de nombreux indices derrière lui, ce qui impliquait qu’il voulait se faire prendre, mais il faudrait ruser avec lui, user de subterfuges, et à ce petit jeu-là, Stephen était imbattable !

Il allait au-devant de la plus grosse surprise de sa vie mais, heureusement pour lui, il ne le savait pas encore…

 

14ème épisode

 

Stephen était fourbu. Il avait assisté à tous les interrogatoires des personnes susceptibles de leur fournir quelques renseignements utiles. Malheureusement, le Père Williams, son clergé et toutes les chrétiens présents avaient été unanimes : la jeune femme ne faisait pas partie de leur communauté. Elle avait dû entrer au hasard pour se recueillir et prier. Autre hypothèse : elle était venu se mettre au chaud quelques instants. Cela confortait Stephen dans son idée première. Le tueur choisissait ses victimes en fonction de son plan. Tantôt il avait besoin d’un homme, tantôt d’une femme, blanche ou noire… Ce n’était pas du côté de la victime elle-même qu’il fallait chercher. Il fallait arriver à transposer les scènes de crime à la vie d’une personne ! Oui ! mais qui ?

Stephen ne rentra pas chez lui. Il se fit reconduire à la criminelle, ne prenant même pas la peine de passer par le service médico-légal, il n’aurait rien appris de nouveau. Par contre, le département des empreintes l’intéressait au plus haut point. Il demanda directement le dossier de la jeune femme, et un jeune inspecteur se fit un plaisir de le lui apporter. Nanti du précieux document, il retourna dans son bureau pour le lire plus tranquillement.

La jeune femme s’appelait Kelly Lawson. Elle était âgée de 30 ans, habitait Madison Square Garden à Chelsea. Elle dirigeait la bibliothèque universitaire de Columbia. Célibataire, on ne lui connaissait pas de liaison. Encore une personne sans histoire…

Poursuivant sa lecture, Stephen apprit que les empreintes de pas relevées dans l’église appartenaient à un individu de sexe féminin chaussant du 37 ou du 38. La position des pieds indiquait que la personne devait peser environ 55 kgs, et qu’elle était affligée d’une légère claudication. Les semelles, d’excellente facture, correspondaient à des chaussures de sport, type training conçues pour la randonnée.

Le coup mortel avait été porté par un droitier à l’aide d’un instrument ressemblant à un scalpel ou à un poignard à lame effilée. D’autre part, le rapport du psychologue de l’équipe scientifique précisait que l’auteur de ces cinq meurtres devait être, selon lui, très intelligent, instruit, froid et calculateur. C’était quelqu’un de bien intégré au sein de sa communauté, exerçant un métier de contact avec une position sociale élevée. Il précisait aussi que le meurtrier pouvait fort bien être d’origine étrangère, l’emploi des citations latines et littéraires suggérant une personne de type plutôt européen.

Enfin ! Stephen possédait des indices fiables. Il se rendit ensuite dans le bureau de Dylan. Ce dernier terminait l’affichage du portrait individuel de chaque élève de la classe de 6ème de son chef pendant que Jamie punaisait à côté de chaque enfant l’état civil qui lui correspondait.

Il eut pitié de ses deux collaborateurs, et tout en les remerciant pour l’excellence de leur boulot, les renvoya chez eux.

Stephen commença à regarder tous les portraits, toutes les fiches, les unes après les autres. Pas un point ni une virgule n’échappa à son examen. Une photo attira son attention. Il relut tous les renseignements collectés par Jamie et vérifia une seconde fois. Ce n’était pas possible !! Il devait se tromper !

Il écrivit une note à l’attention des membres de son service disant qu’en raison d’une nuit passée au service de l’enquête, il serait absent le lendemain. Il rentra chez lui le plus vite possible étant donné les circonstances, se fit un café très serré, alla chercher tous les bouquins qu’il possédait sur la mythologie, alluma son pc, et commença ses recherches.

Aux alentours de midi, il savait à peu près tout ce qu’il voulait savoir, mais n’avait toujours pas trouvé le personnage mythologique correspondant à son assassin. Ce n’était pas très grave puisqu’il savait qui il était. Il fallait juste qu’il vérifie encore plusieurs choses très importantes. Il appela Doug qui devait encore être devant sa table d’autopsie et le pria de passer chez lui dès que possible.

Une heure après, son ami sonnait à la porte, transi de froid, fourbu, mais encore d’attaque.

Qu’y a-t-il pour ton service, beau gosse ?

Doug, je sais qui est le coupable ou plutôt LA coupable. J’ai besoin de vérifier certains faits la concernant. Pourrais tu m’aider, s’il te plaît ?

Les deux hommes travaillèrent sans relâche jusqu’au milieu de l’après-midi. Stephen offrit le dîner à Doug qui préféra rester dormir chez son ami. Il ne voulait pas le laisser tout seul. Stephen allait avoir besoin de toutes ses forces pour mener à bien l’exécution du plan qu’ils avaient élaboré tous deux pour tenter de confondre l’assassin sans lui mettre la puce à l’oreille. Le meurtrier avait laissé de nombreux indices derrière lui, ce qui impliquait qu’il voulait se faire prendre, mais il faudrait ruser avec lui, user de subterfuges, et à ce petit jeu-là, Stephen était imbattable !

Il allait au-devant de la plus grosse surprise de sa vie mais, heureusement pour lui, il ne le savait pas encore…

 
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Vendredi 14 mars 2008
undefined Stephen, était tellement sûr d'avoir raison... Comment avait -il pu se tromper à ce point ? Il avait inscrit le nom du présumé coupable dans la colonne de gauche, ceux des victimes dans la colonne de droite et au milieu, les indices dont il disposait pour chaque cas. Or, si les trois premiers meurtres présentaient quelques similitudes, le quatrième ne pouvait pas lui être imputé pour la simple et bonne raison que la personne soupçonnée venait d'être arrêtée. Un ancien flic, alcoolique à la dérive, avait avoué sans difficulté ses différents méfaits et, par mesure de précaution, avait été placé en suivi psychiatrique pour le week-end.
Stephen était triste et très déprimé.
"Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage - Faire et défaire c'est toujours travailler".
Certes, mais il lui était difficile d'admettre son semi-échec. Pourquoi n'avait-on pas retrouvé de portable dans le sac d'Ethan ? La citation latine indiquait un désir de vengeance, ou de revanche, tandis que celle de Saint-Exupéry, apparemment, lui était destinée.
Les  extraits musicaux faisaient référence à ses propres choix, donc, le ou la  coupable le connaissait forcément. Là était le hic ! Stephen nageait  en plein brouillard, mais chaque enquête comportait toujours une part de réussite et une part de chance. Jusqu'ici, il n'avait eu ni l'une ni l'autre...
Il en était là de ses réflexions lorsque les écrans de veille se mirent à clignoter. Les services météorologiques signalaient une tempête de neige imminente, de forte intensité, et demandaient à la population de rentrer chez elle et de n'en sortir qu'en cas d'extrême urgence. Mince ! se dit Stephen, il ne manquait plus que ça ! Il était presque deux heures du matin, il devait impérativement rentrer chez lui.
         En sortant du bâtiment, il regretta de ne pas avoir mis du plomb dans le fond de ses poches. Une rafale de vent faillit lui faire perdre l'équilibre. Du coup, il héla un taxi et le confort douillet de son appartement le réchauffa. Le blizzard soufflait maintenant avec une  violence inouïe, la neige commençait à tomber... Il n'avait pas sommeil ! Il inséra "les préludes" de Chopin dans son lecteur, tandis que ses pensées dérivaient lentement vers Ashley. Un souvenir le fit sourire.
Celui de  ce jeudi où elle lui avait demandé de venir dans SA cour. Il avait accepté avec plaisir, et, prenant sa main, elle l'avait entraîné dans le gourbi d'un vieux chiffonnier qui l'autorisait à jouer un peu de piano sur un instrument tellement délabré que Stephen s'était demandé si c'était bien de cette vieillerie-là qu'elle tirait ces si belles harmonies. Par quel mystère cette petite môme, pauvre comme Job, connaissait-elle l'existence de cette divine musique ? D'où lui venait cet amour des mélodies, des livres, de la peinture, qu'elle cachait à tout le monde, sauf à lui ? Ils avaient passé deux années côte à côte, fait ensemble leur "communion solennelle", comme on disait à l'époque, puis sa mère avait quitté son père, et il n'avait plus jamais eu de ses nouvelles. Longtemps, il avait espéré son retour mais le temps avait fait son oeuvre et effacé les contours de sa blessure.
Ashley...  Ses cheveux blonds lui faisaient penser au papier doré qui entourait les chocolats qu'il recevait pour Noël. Elle avait les yeux d'un bleu étrange, ni clair, ni foncé, myosotis, peut-être ?..
Il avait encore dans l'oreille le son de sa voix. Stephen se souvenait de son sourire "à faire fondre un iceberg". Combien de fois lui avait-il apporté une part de son dessert parce que ses parents s'étaient encore battus et qu'elle n'avait rien mangé  ! Stephen ne comptait même plus les fois où il l'avait trouvée, assise, sanglotant sur les marches de son immeuble. Sa mère la lavait, coiffait ses cheveux, essayait tendrement de la consoler, mais rien n'y faisait, elle était toujours triste. Qu'était-elle devenue ? Elle se trouvait à Vienne, mais il n'avait même pas eu la curiosité de lui demander ce qu'elle y faisait. Souvenirs, souvenirs... Allons ! il était 3h30, il fallait dormir, ce qu'il réussit à faire, malgré tout.
Stephen s'éveilla en milieu de matinée. Les flocons tourbillonnaient toujours, on aurait dit une rivière blanche qui coulait du ciel. La visibilité était nulle. Le vent formait des congères devant les portes d'entrée. Bref, l'hiver était là et bien là ! Il mit à profit cette journée de repos forcé pour faire les évaluations de son équipe. Mettre des notes et des appréciations n'était pas son fort mais cela faisait partie de son travail. Il s'efforçait d'être le plus juste possible, d'autant que ses quatre équipiers étaient  ce que l'on trouvait de mieux, chacun dans sa spécialité, dans la police new-yorkaise.
Il dîna légèrement, regarda un bon vieux film en noir et blanc, et alla se coucher . Le lendemain, il neigeait toujours, mais, pour le moment l'électricité fonctionnait encore dans son quartier. N'ayant rien de spécial à faire, il profita de cette nouvelle journée de repos pour aller dans Central Park, faire du ski de fond. En fin de soirée, il cessa de neiger et le froid fit sa réapparition. Stephen mettait sa clé dans la serrure lorsqu'il entendit la sonnerie de son téléphone. Il entra rapidement, décrocha et eut le plaisir d'entendre la voix joyeuse de Doug qui lui proposait un dîner. Il amenait de quoi boire et manger. Chic ! se dit Stephen, nous allons passer une excellente soirée.
Le destin allait en décider autrement.
Ils jouaient au tennis sur une console et se disputaient âprement le gain d'un set lorsque le téléphone les interrompit. Stephen répondit brièvement et raccrocha la mine sombre.
- Que se passe t-il ? Une belle femme t'a laissé tomber ?
- Je l'aurais mille fois préféré, Doug ! Non ! Nous devons nous rendre à Harlem, 132 West, 138th street. C'est là que se trouve l'Abyssiniam Baptist Church. Un cinquième cadavre nous y attend. J'ai prévenu la Scientifique que tu étais avec moi. Ils t'apportent ton matériel.
- Mince ! ce n'est pas la porte à côté, Stephen !
- Non ! le mieux est encore de remonter la 5ème Avenue jusqu'à hauteur de la 132ème, l'église est à 100m à droite.
- On appelle un taxi ?
- Oui, il ne neige plus, ça devrait rouler correctement.
Lorsqu'ils arrivèrent sur les lieux, le père Williams, son diacre, le vicaire et toutes les bonnes âmes de la paroisse étaient déjà sur place.
Stephen abandonna Doug pour s'approcher. Ce qu'il vit dépassait de loin toutes les scènes d'horreur des pires navets produits par Hollywood !
Dans toutes les églises baptistes se trouvait une baignoire qui servait lors des cérémonies de baptême. A cette occasion, on plongeait les fidèles, préalablement revêtus d'une longue chemise blanche, dans l'eau, ce liquide étant censé les purifier. Cette cuve, si l'on pouvait dire, était équipée de roulettes permettant de la déplacer plus aisément, ainsi que d'un système de blocage qui l'immobolisait pendant son utilisation. La sécurité des fidèles en dépendait.
Au milieu de la nef, devant le choeur, Stephen distingua dans ladite baignoire, le corps d'une femme flottant dans une sorte d'eau noirâtre, nauséabonde, à l'aspect marécageux. La partie visible du corps avait été recouverte d'une sorte d'emplâtre verdâtre... Sur la surface boueuse, la main perverse qui venait d'ôter la vie avait disposé des petites fleurs blanches du plus bel effet. Deux cierges allumés à hauteur du visage achevait de donner à ce dernier, un aspect cireux, horrible à regarder.
Stephen enfila ses gants et prit une pincée de cette boue noirâtre entre ses doigts. Il la sentit et l'effrita. Pas de doute ! Elle se composait d'eau dans laquelle le pervers avait délayé de la cendre de bois. L'odeur nauséabonde provenait du sang de la victime qui s'était mélangé au reste. L'emplâtre, lui, était plus facile à identifier. Cela ressemblait fort à l'onguent dont se servait les kinés pour envelopper leurs patients atteints de rhumatismes. Les fleurs pouvaient avoir été achetées chez n'importe quel fleuriste. Les cierges provenaient de l'église. Le regard de Stephen fut de nouveau attiré par quelque chose de bizarre. S'approchant tout près du corps, il distingua ce qu'il prit pour des dessins. Il demanda à ce qu'on lui apporte une très grosse loupe et, la tenant au-dessus de ce qu'il avait cru être des motifs, il déchiffra la phrase suivante :
- Finis Coromat Opus - qu'en gros il traduisit par :
- La fin couronne l'oeuvre -
Le détraqué lui annonçait-il qu'il venait de commettre son dernier meurtre ? Stephen remarqua des traces boueuses qui partaient de la baignoire et continuaient en direction de la sortie. Un inspecteur de la scientifique était en train d'en prélever des échantillons ainsi que les empreintes de pieds laissées par le (ou la) meurtrier. Enfin, Stephen allait avoir des indices fiables. Les vêtements de la jeune femme avaient été retrouvés, posés bien en évidence devant la baignoire, et minutieusement pliés. Tout était dans un carton, déjà envoyé au labo par porteur spécial.
Stephen pouvait reconstituer le crime. La femme devait être seule dans l'église, vide à cette heure tardive, debout devant l'autel, absorbée dans une fervente supplique. Elle n'avait pas entendu les pas furtifs approcher derrière elle. L'assassin lui avait mis un tampon de chloroforme sous le nez, ce qui lui avait fait perdre immédiatement connaissance. il l'avait déshabillée, puis était allé chercher la baignoire qu'il avait amenée devant l'autel. Le tueur avait ensuite soulevé la jeune femme en la prenant par les aisselles, et l'avait fait basculer au fond. Il avait positionné le corps sur le dos et, détail horrible, la jeune femme n'étant qu'évanouie, d'un geste précis, lui avait tranché la carotide. Pendant que la malheureuse se vidait de son sang et s'en allait vers un monde que l'on dit meilleur, il ne lui restait plus qu'à remplir la baignoire d'eau, diluer les cendres et le sang jusqu'à obtenir cette mixture nauséabonde. Enduire le corps de boue chauffante avait dû être un jeu d'enfant pour lui. Les fleurs joliment posées tout autour du cadavre donnaient à la scène un air complètement surréaliste. Les cierges allumés de chaque côté du visage parachevaient le travail, donnant à l'ensemble une note mystique angoissante.
Stephen était persuadé que tous les détails avaient été mûrement réfléchis et exécutés selon un plan méthodiquement élaboré. Le meurtrier agissait selon un scénario qui lui était propre. Restait à Stephen à en découvrir la trame.
Allait-il avoir la chance de son côté, cette fois-ci ?











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